9. Une seconde d’éternité

La jeune Alici a p ose cette question, apparemment anodine, à sa mère :

-  Pourquoi quand c’est plaisant, ça passe trop vite et que quand c’est moche, ça passe trop lentement?

-  Va donc savoir ma p’tite! La vie est drôlement faite des fois…

Contrairement à ce qu’on nous a enseigné, le temps n’est pas réglé comme une horloge. Tic! Tac! Tic! Tac! Il s’égraine plus ou moins rapidement, selon ce qu’on en fait et la sensation qu’il laisse en passant. Souffrir, même pendant quelques secondes, vous semblera toujours trop. Alors que pour aimer… des heures, des jours et même une vie entière ne seront jamais assez.

J’ai utilisé les cinq premières infolettres de la « Vie rituelle » pour vous raconter dix années de ma relation virtuelle, la sixième pour décrire une journé e, les deux suivantes pour quelques minutes chacune et celle-ci pour suspendre le temps. Dix années racontées en quelques heures, alors que le même nombre d’heures s’avère insuffisant pour conter les dernières minutes. Après l’avoir rêvée chaque jour pendant une décennie entière, mon amoureuse virtuelle n’est plus qu’à une demi-seconde de moi… une éternité.

Comment une petite fraction de seconde peut-elle ainsi se prolonger? Devenir infiniment plus longue que la vie qui tente de la contenir ? J’y vois la preuve indéniable que le temps file, mais à vitesse variable.

On saute tous, au matin de notre vie, dans un autobus bondé qui roule depuis très très longtemps vers une destination inconnue. Entre ceux qui montent et ceux qui descendent, les paysages des années sans frontières défilent sous nos yeux. Bizarrement, lorsque la route est sans embûches, la navette prend du retard et reporte d’autant notre arrivée pour l’autre départ. Lorsque la chaussée est cahoteuse, le bus nous conduit plus vite vers la fin de notre périple. Sous le soleil, la pluie, la neige, il chemine, accélère, ralentit, prend des détours, mais jamais ne s’arrête. Fatigué, un soir, à notre heure, nous le quittons pour entrer seul à la maison.

Oui, le temps file à vitesse variable. Il y a des secondes qui valent des heures et des jours qui valent des années. Tout dépend de l’intensité de ce que l’on vit et de la manière dont on s’y implique. Les beaux moments, toujours trop brefs, pimentent la vie et lui donnent sa saveur particulière. Ils donnent les raisons et le courage nécessaires pour poursuivre notre voyage malgré les intempéries. Si votre vie semble s’écouler à toute allure, c’est de bon augure. Sinon, posez-vous des questions.

Ça me rappelle l’histoire d’un cheval (Je t’offre un cheval), plus noir que la nuit, qui galopait aussi vite que la terre tournait, pour ne jamais voir le soleil. Craignait-il que la lumière du jour mette en veilleuse ses rêves? En courant pour ne pas courir le risque, pensait-il échapper à sa réalité? Impossible de se fuir soi-même sans se rattraper. Comme lui, je m’étourdissais à tourner en rond, jusqu’à ce que fourbu, je m’épuise, m’éveille et réalise que je fantasmais ma vie.

Cependant, cette histoire d’amour capotée m’aura appris l’attente et le désir. Dans une société de consommation, ces mots sont injustement associés au sacrifice et à la punition. Aujourd’hui, on ne dé sire plus, on prend, on consomme, puis on jette et on recommence. On ne sait plus attendre, espérer, anticiper et désirer… corps, cœur et âme. Comment, dans ces circonstances, peut-on encore seulement rêver? Entre l’incapacité de rêver et le danger de trop le faire, je choisirai toujours la seconde option.

Sans le désir, comment savoir ce que l’on veut vraiment ? Faire des choix éclairés, établir des priorités, alimenter la motivation et savourer pleinement ce que l’on finira, peut-être, par avoir? Si l’attente procurait la plus grande partie du plaisir… Qu’y a-t-il de plus excitant que l’attente et de plus stimulant que le désir? Comment goûter autrement la surcharge émotive qu’ils suscitent? Comment ressentir ce sentiment puissant de « surexister » sans eux? L’esprit qui s’allume, la tête qui s’enflamme, le corps qui s’embrase, le cœur qui explose, tandis que l’être… s’expose.

Le seul problème avec le désir, c’est de déterminer à quel moment précis il nous fait confondre le rêve et la réalité. Le virtuel m’a appris à nourrir mes désirs, mais aussi à suralimenter mes fantas mes. À ce moment, la réalité ne peut plus rivaliser avec le rêve et risque fort de décevoir. Était-ce là ce qui m’attendait, debout au bout de ce passage obligé, à une fraction de seconde de mon rendez-vous clandestin avec le destin ?

Trop tard pour fuir, les pas rattrapent ma réflexion. Quelqu’un apparaîtra… fini de jouer à la cachette (ou à la gâchette, comme me l’a suggéré une lectrice). Gagné? Perdu? Je vais le savoir dans deux secondes. Je fige, tétanisé.

(à suivre)

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Une sacrée paire de…

To us sexes confondus, parmi toutes les personnes que je connais, Hélène est sans contredit celle qui possède la plus grosse paire de… couilles. Est-ce vraiment étonnant pour cette professionnelle des changements de sexes ? Psychothérapeute et sexologue, aussi spécialisée dans les déviances sexuelles, elle se retrouve souvent seule dans son bureau avec des cas difficiles et imprévisibles. Malheur à qui voudrait lui passer sur le corps sans son consentement éclairé. Hier, elle invitait ses amis à célébrer avec elle son premier demi-siècle.

Samedi matin. Le soleil, épuisé par une grosse semaine de boulot, brille malgré tout par sa présence. Où trouver un cadeau artistique original et incomparabl e? À la Galerie-boutique Manu Factum, bien sûr! (mon commanditaire) Une magnifique sculpture de Claudia séduira notre nouvelle cinquantenaire. Nous sommes partis dans l’après-midi pour faire la fête.

Ça débarquait chaleureusement. Une cinquantaine de personnes convergeaient vers la cour d’Hélène avec leurs chaises, leur maillot, leur boisson et leur bonne humeur. Pierrette, une tireuse de cartes prédisait y faire de bonnes affaires. J’allais lui prouver qu’elle avait bien vu…

La numérologie allait démontrer que j’étais un drôle de numéro : vous êtes (ou devriez être) un artiste. Intuitif, sensible, passionné, génial (pouvez-vous répéter, SVP?), avec presque autant de projets que de charme (vous dites?) Je crois qu’elle a craqué pour mon 3e œil. Vous êtes actuellement dans une année de transition, qui vous rendra riche et célèbre. De plus, vous êtes admirablement bien entouré. N’hé sitez pas, foncez! Vous connaîtrez un nouveau départ. Je viens de renouveler mon passeport. Si mes amours mélangent ses cartes… Moi, ils me font perdre la boule!

Dans un gros party, on est confronté à un choix : rencontrer tout le monde et ne connaître personne ou approfondir le contact avec quelques personnes. J’ai surtout fraternisé avec trois femmes : Line, Marielle et Kanika.

Line savoure la retraite depuis quelques mois. Cette ex-responsable du volet de psycho dans les pénitenciers jouit d’une nouvelle liberté. Cette femme brillante et intéressante considère avoir fait son temps en dedans. On a discuté d’un nouveau paradigme sur la vie basé sur la physique quantique, qui donnerait une explication scientifique à des croyances de plus en plus populaires comme : « le hasard n’existe pas » ou « demandez et vous recevrez ». Avec notre énergie, nous aurions le pouvoir d’influencer non seulement notre avenir, mais aussi notre passé. WOW! Elle s’est dite enchantée de rencontrer celui qui les inspirait, elle et son équipe, depuis plusieurs années. Je n’aurais jamais imaginé que mes textes puissent allumer des veilleuses à l’ombre des barreaux.

Marielle aussi est psychosociologue, spécialisée dans le traitement des délinquants sexuels qu’Internet alimente et banalise. Cette femme touchante a récemment traversé de dures épreuves. Drôle et vive d’esprit, elle nous a raconté deux histoires de garage. La première : elle et son mari magasinaient la voiture de madame. Le vendeur, qui s’adressait surtout à son mari, se tourne alors vers elle et dit : « Pour la p’tite madame, du côté passager, il y a un p’tit miroir. » Ce à quoi elle réplique : « La p’tite madame a aussi un permis de conduire et va aller acheter sa p’tite voiture ailleurs. » La seconde : une serrure forcée qu’on devait réparer pour la p’tite madame et qui ne l’avait pas été, même si elle avait payé 150 $ : « La p’tite madame, si elle paye pour se faire baiser, elle veut avoir du plaisir. » Et vlan!!!

Kanika, une grande et jolie femme métissée, anglophone de 38 ans avec un sourire irrésistible, me demandait « comment j’avais connu Hélène ». Elle a un jour téléphoné au bureau des Pelleteurs pour me dire que mes pensées l’avaient séduite. Lesquelles? Elle a rapidement fait le lien avec l’affichette Être qui trône devant le bol de toilette dans la maison d’Hélène (et laisse de profondes empreintes de lunette sur les fesses). À ce moment, son regard s’est enflammé, elle a saisi ma main et l’a pressée en répétant un tas de mots en français et d’autres en anglais, du genre : noooon, I love it, incroyable, amazing, c’ est extraordinaire, etc. Je ne savais plus où me mettre (décence et modestie obligent). Elle m’a même attiré jusqu’à ladite toilette pour tenter de savoir d’où je puisais mon inspiration… je me connecte sur je ne sais trop quoi et je laisse couler. J’ai l’impression d’être mon premier lecteur.  Au fond, je suis une espèce de canal… de goût!

C’était extrêmement touchant de la voir s’embraser, d’autant plus que le français n’était pas sa tasse de T. Je suis toujours surpris de rejoindre des gens aussi différents. L’émotion n’a pas besoin de traducteur ni de guide d’instructions. Plus j’avance, plus je réalise qu’au-delà de l’éducation, de la culture, de la race, de la langue, il existe un langage universel : celui du cœur.

Encore, une fois j’ai fini par flotter dans la piscine, bien entouré, sous les flambeaux odorants qui poussaient dans le jardin et les petites lumières de Noël qui illuminaient la nuit, dérivant au son d’une musique brésilienne sexy en pensant que la vie nous réserve des moments de pure magie…

Le mot de la fin revient à Hélène : « rendez-vous dans 40 ans, je fournirai les fauteuils roulants… » Il ne faudrait surtout pas oublier les cartes mémoire et les albums souvenirs.

Je vous souhaite… une fin d’été de rêve.

Votre pelleteur

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8. Jouer à la cachette

Même si j’ai enfin trouvé une issue pour me faufiler à l’intérieur de sa résidence sans y être attendu ni convié autrement que virtuellement, je sais que je ne suis pas au bout de mes surprises… Qu’est-ce qu’elle me réserve? Pourquoi se cache-t-elle ainsi dans sa propre maison ? Il faut que je la cherche et surtout que je la trouve.

-      Lise, où es-tu? C’est moi…

Toujours aucune réponse. J’avance lentement, en sachant bien qu’il est déjà trop tard pour être prudent. Même la cuisine, qui sent la popote récente, ne me rassure pas. Elle me rappelle seulement qu’on ne m’a pas invité. De toute manière, je n’ai pas faim, juste soif, très soif de savoir. J’avance, pendant que l’animateur télé fait distraction. Le désordre du lieu me frappe. J’esquive. J’avance en l’évitant.

Je contourne la table à souper. Je remarque deux paires de souliers dans l’entrée : une de femme et l’autre… Je frissonne. Sur ma gauche, il y a le salon toujours animé par le téléviseur. Sur ma droite défile un petit corridor timidement éclairé avec trois portes : la première à quelques pas de moi, les deux autres tout au fond. Je choisis d’explorer cette mince avenue.

Première porte. J’entends le bruit d’ une douche qui coule. J’en aurais bien besoin. J’en conclus que c’est la salle de bain. Comment peut-elle être sous la douche alors que je viens à peine de lui parler ? Je veux bien croire qu’elle possède une douche-téléphone, mais je doute qu’elle l’ait utilisée pour me répondre. Je doute encore plus qu’elle s’en serve à cet instant précis pour éviter de me parler… Alors si ce n’ est pas elle, qui prend sa douche maintenant ? Le propriétaire de l’ autre paire de souliers ? J’avance une main hésitante vers la poignée pour la sonder… OUF! heureusement, elle est verrouillée. Je m’enfonce plus profondément dans le corridor menant vers les deux dernières portes en me demandant : si quelqu’un sortait soudainement de la salle de bain, lequel ne nous deux serait le plus surpris?

J’avance incertain, comme on chemine tous vers la mort, sans savoir ce qui nous attend ni pendant ni après. Naître, sans même l’avoir demandé, c’est déjà franchir le point de non-retour. L’amour, qui souvent nous surprend comme la vie, nous entraîne vers un tel destin. L’amour est un tendre piège qui nous ouvre grand les bras pour nous rassurer. Lorsqu’on s’y glisse et qu’ils nous encerclent, on sait qu’il est trop tard pour reculer, mais jamais pour avancer… Sans la mort, sans l’amour, il n’y a aucune vie possible, puisqu’il est aussi inconcevable de refuser de naître que de renaître.

Je fonce dans le cul-de-sac comme on quitte un sentier battu pour risquer sa vie ou s’en souvenir. Au bout du passage, je me retrouve devant les deux autres portes, close à droite et béante à gauche. J’opte pour la facilité et entre fermement dans la pièce ouverte. Une lumière gênée éclaire la petite salle d’ordinateur en désordre. Une poubelle vomit sur le plancher. Est-ce possible que ce soit de ce lieu déprimant qu’elle m’écrive l’amour? Étrange environnement pour une « crack » de l’informatique… Un nouveau frisson me parcourt l’échine lorsque j’aperçois, éparpillée sur le sol, la collection de mes affiches que je lui ai un jour offerte. Mes images et mes mots semblent me regarder en me suppliant de les sortir de là. Je devrais les agripper et en profiter pour déguerpir avec eux, tandis qu’il en est peut-être encore temps…

Je ne sais plus si je veux encore savoir. Je doute et redoute. Je frémis. J’expire. Je pivote et quitte le lieu de nos crimes virtuels passionnels en sachant que je n’y reviendrai jamais, mais que cette image me hantera pour le reste de ma vie. En repassant devant, je tente en vain d’ouvrir l’autre porte. Je cogne. Pas de réponse. Pas le goût de la défoncer. Je rebrousse chemin. L’ eau coule encore. La cuisine sent toujours. La télévision applaudit mon courage et ma folie. Qu’est-ce que je fous là? Cette foutue question me rend de plus en plus dingue.

De retour dans l’entrée, j’examine les souliers, en me disant que quelqu’un finira bien par les réclamer… après s’être soigneusement lavé les pieds et avoir vidé le réservoir d’eau chaude. J’attendrai. Je n’ai plus à faire la démonstration de ma patience légendaire.

J’entends soudainement le bruit d’une porte qui s’ouvre. Ce n’est pas celle de la salle de bain. Il y a donc au moins deux personnes ici, à part moi. Je suis minoritaire. Les pas remontent le corridor. Ils s’approchent. Elle ou il vient vers moi. Je tremble. Qui se pointera ? Je ne suis plus certain de vouloir connaître la vérité. Excusez-moi, madame ou monsieur, d’avoir malencontreusement violé votre domicile. Je suis parfois victime de folie passagère qui me pousse à commettre des gestes impulsifs et irréfléchis. Qu’ils le soient, impulsifs et irréfléchis, ça manque de crédibilité, après dix ans…

Trop tard pour fuir, les pas rattrapent ma réflexion. Quelqu’un apparaîtra… fini de jouer à la cachette. J’ai gagné? J’ai perdu? Je vais le savoir dans deux secondes (et vous dans quelques semaines). Je fige, tétanisé.

(à suivre)

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À faire… avant la fin du monde

Voici en primeur la couverture du calendrier de table POSE & PROSE 2012… On se croirait dans un endroit exotique. C’est la preuve indéniable qu’ on ne voit pas ce qui nous entoure. Cette image a été croquée à quelques kilomètres de chez moi, sur les passerelles de Nicolet. Un endroit à découvrir!!!

Ce matin, le soleil y brillait (davantage que moi) par sa présence. J’ai vu des arbres narcissiques qui admiraient leur reflet, un aigle royal qui rentrait au nid, un grand héron qui se prélassait sur un rocher, des malards qui pataugeaient dans le marais et un renard roux que je n’ai pas eu le temps d’apprivoiser. J’y ai croisé mon amie Mireille et Charlotte (son basset de 9 mois) en randonnée pattesse…

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7. Pénétration forcée

Dix longues années après mon coup de foudre virtuel, je me pose enfin devant chez elle dans l’espoir d’une première étreinte réelle que j’espère et anticipe depuis 3 640 jours… Comme une feuille enracinée qui refuse de quitter le nid pour s’allonger près des autres sur le sol gelé, je m’accroche en frissonnant. Je soupire et je tremble. Elle ne m’attend pas, ne m’espère plus. La pêche n’est pas assurée ni le pêcheur réassuré. Une carpe ou une claque? Je ne reviendrai pas bredouille… plutô t me noyer! En attendant, mon cœur rame plus vite qu’il avance.

Suis-je le pêcheur ou le poisson? Qui peut dire, après toutes ces années à mordre l’un et l’autre aux jolies lignes nous nous tendions pour nous titiller? En cet instant précis, je sais seulement que je ne la tiens pas encore ni dans mes filets ni dans mes bras, mais juste au bout de ma ligne… téléphonique. Le fil est fragile et l’anguille flaire l’hameçon.

-        …
-        Je suis stationné devant chez toi et j’aimerais que tu m’ouvres la porte, STP ?

En fait, je suppose être devant chez toi. Je souhaite que ce soit ta porte. J’espère seulement… te voir y courir, me l’ouvrir aussi grand que tes bras, ne pas t’échapper lorsque tu me sauteras au cou en clamant : « Il y si tant tellement longtemps que je t’attends… » Son silence en dit long. Même sa porte demeure muette. Si elle ne roule pas sur ses gonds… Juré, je sors des miens.

-      C’est que (hésitation)… je ne suis pas chez moi.
-      (Pas de chance!) Où es-tu?
-      Chez une amie.
-      Donne-moi son adresse et je te rejoins…
-      Je ne peux pas.
-      Pourquoi?
-      Je ne suis pas prête…

Pas prête? Après 10 ans à se traiter mutuellement de tous les maux, à se sniffer les lignes de cœur jusqu’à l’overdose, à baiser les pieds de nos lettres jusqu’aux ampoules, à se chatter la pomme nuit et jour et à composer, à deux mains droites, un véritable hymne à l’amour… Pas prête à ce qu’on se les serre? À ce qu’on se dise : « Merci, c’était agréable, bonne fin de vie »?

-      Impossible! Pas après 10 ans… je ne repartirai pas avant de t’avoir vue… Tu es là et je te prierais de m’ouvrir STP.
-      …

Elle raccroche. Je suis tout croche. J’inspire profondément et transpire abondamment. Je descends de l’auto. Traverse la rue. Il fait noir. Peut-être froid… je ne sais pas. Je ne me souviens plus. Je brûle d’impatience. À l’intérieur de la maison, rien ne bouge, à l’exception du téléviseur qui barbouille les murs . Mille et une questions me traversent l’esprit : Est-ce SA maison? Y habite-t-elle seule? Va-t-elle m’ouvrir? Devrai-je faire le siège? Défoncer? Quels sont les risques auxquels je m’expose? Que vais-je finalement y trouver? La seule chose que je n’envisage pas, c’est de faire marche arrière. Ça m’a tout de même pris 10 ans à me décider, mais là c’est irréversible. Rien ni personne ne peut m’arrêter, sauf la police ou… la mort. SWAT! je ne mourrai pas sans savoir. Je fonce.

J’ approche de la porte avant. Je frappe doucement. Aucune réponse. Je cogne. Rien. Je jette un œil à l’intérieur à la recherche d’un indice qui m’indique que je suis au bon endroit. Je frémis en reconnaissant deux de mes éditions d’art sur les murs. Aucun doute possible. Il ne me reste plus qu’à pénétrer, mais comment ?

Les mains moites, je sonde la poignée. Barrée. Je recogne sans trop d’espoir. Toujours pas de réponse. Qu’est-ce qu’elle fait? Je téléphone. Pas de réponse. Je refuse de repartir les yeux vides et… avides. Il faut que j’entre dans cette maison, avant que le cœur me manque. Maintenant, c’est lui qui cogne, de plus en fort. J’y pose ma main pour tenter de l’apaiser. Je dois vite trouver un moyen, mais je ne réfléchis plus, j’agis.

Je regarde par les fenêtres. Personne. Je frappe aux fenêtres. Pas de curieux, sauf moi. Je pourrais en casser une et me faufiler… Il doit bien y avoir une pierre ou un truc contondant pas loin. Je regarde autour. La noirceur tombe. Je la contourne. Je longe la façade en tâ tant le mur. Examine les châssis et teste leur résistance. Mon niveau d’adrénaline bat des records. Mon pouls s’emballe. Je suis survolté, dans un état second, jamais atteint. Ma seule issue, c’est d’en trouver une pour me glisser rapidement dedans!

Je contourne la maison par la droite. Il y a une camionnette dans le stationnement. Ses portes aussi sont closes. Je poursuis mon exploration vers l’arrière de la maison. Il y a un petit trottoir qui mène à un petit patio. La pelouse sent décembre. Verrai-je Noël? J’ai chaud mais grelotte. Je m’approche lentement des marches de béton. Les monte, une à une, sans faire de bruit. Mon cœur me trahit. J’atteins enfin le patio. Je me retrouve devant une grande porte double vitrée. Je regarde à l’intérieur. Personne. Je scrute la cuisine. J’aperçois la porte d’entrée principale. Il y a deux ou trois paires de bottes dans l’entrée. Des bottes de femme ou d’homme? Difficile à dire avec certitude. À qui sont-elles? Je pioche à la porte embuée par mon souffle haletant. Pas de réponse. Je glisse une main sur la poignée et tire. Est-ce possible? Oui! Elle bouge. Par chance (?), on ne m’attendait pas par-derrière. Je la pousse lentement. Mon cœur trébuche. Je l’ouvre d’environ un pied, juste assez pour pouvoir enfin y introduire mon corps.

C’est la première fois de ma vie que je viole un domicile. Je m’en fous. Elle est là, cachée quelque part, peut-être encore vivante… Je veux la voir.

En éclaireur, je pousse devant moi une voix chevrotante que je reconnais difficilement, à peine plus forte que celle du téléviseur qui cherche en vain à me distraire :

- Y a quelqu’un? Lise, Lise, es-tu là? C’est moiii… Francis!

(à suivre)

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6. Prête ou pas prête…

Je croyais avoir trouvé un certain équilibre avec les deux femmes de ma vie et être heureux dans cette relation très particulière, jusqu’à ce que je croise, par hasard, une ancienne petite amie… Nous nous sommes donné rendez-vous pour souper et nous raconter. Nos trente dernières années ont défilé en une trop courte soirée. Jusqu’à ce qu’on réalise, trop tard, que l’amour est un verbe qui se conjugue mal au passé…

Chacun de nos amours tatoue notre cœur et y demeure gravé pour l’éternité. Il battra pour eux jusqu’à la mort. Si nos amours partent un jour, ils ne nous quittent jamais. Les amours sont les héritiers du cœur. Comme des enfants, même s’ils vivent ailleurs, ils y conservent toujours une place. Ils peuvent même parfois revenir sans prévenir… Surprise!

L’amour est un lion auquel il vaut mieux éviter de crier : ferme ta gueule! En un clin d’œil ou un claquement de dents, l’amour peut faire perdre la tête. Pour préserver celle-ci tout en apprivoisant l’autre, n’oubliez pas :

« L’amour déculotte la raison et met l’âme à nu.
L’amour est sauvage, il ne survit qu’en pleine liberté.
L’amour est indomptable, sauf par la main qui caresse.
L’amour que l’on assassine, se fait fantôme dans la raison hantée. »
(extrait de l’affichette
Les esprits libres)

L’amour jouit d’un drôle de sens de l’humour. Plus je parlais à cette femme de mon amour pour deux autres et plus elle m’attirait… L’amour se bidonnait. Comment un homme, apparemment comblé par deux femmes extraordinaires, sans être polygame, peut-il expliquer cette réaction?

Je crois que c’est à ce moment que j’ai pris conscience que ça ne pouvait plus continuer ainsi… Un an plus tard, je passe à l’action.

Subitement, un matin du mois de novembre 2008, soit près d’une décennie après mon coup de foudre virtuel, je décide que c’est aujourd’hui que je vais LA VOIR en chair et en os. Ma décision est irréversible et mûrement irréfléchie. Pour ne pas qu’elle m’échappe, je débarquerai chez elle, sans aucun préavis. Cette fois, elle ne pourra pas me filer entre les yeux.

Elle me pense de garde à l’hôpital, mais pas sur une nouvelle urgence… Elle ne s’attend pas à me voir débarquer à sa porte : « Bonsoir chérie, ça fait une éternité qu’on ne s’est jamais vu. Qu’est-ce qu’on mange pour souper? Une méchante claque! Quel humour mon amour! »

Le midi, je fais part de ma résolution à Sonia. Enfin! dit-elle. Je reporte mes derniers patients de l’après-midi et, pour la première fois de ma vie, j’annule ma garde du soir, pour cause de… fièvre virtuelle et folie ponctuelle. Comment ai-je pu terminer ma journée à la clinique? C’est un véritable mystère!

Je reviens à la maison, prépare un petit sac de voyage (pour un temps indéterminé et une destination surprise), j’embrasse Sonia et je saute dans mon auto. Ma fébrilité est insoutenable. Je n’y résisterai pas très longtemps. Juste de vous raconter ce passage me redonne des tremblements, des sudations et des palpitations. Docteur, vais-je survivre ?

Tel que convenu avec mon ami Pierre, je l’appelle sur mon cellulaire pour éviter d’être seul à ce moment précis. J’ai un besoin pressant de parler à quelqu’un, même pour ne rien dire…

Je connaissais l’adresse de Lise depuis longtemps, très, trop. Comment avais-je pu résister à la tentation de m’ y pointer avant ? C’est une grande question encore sans réponse. Sauf que là, j’y allais et rien ni personne ne pourrait m’en empêcher. Attention! j’arrive.

Pierre me parle et je ne l’écoute pas. Moi qui ai connu moult situations périlleuses sans perdre mon sang froid, je suis comme un puceau devant la plus belle femme du monde… tétanisé et impuissant. Je file vers elle… mais vers qui, vers quoi? Je ne sais pas, je ne sais plus. Toutes les présomptions, les suppositions, les hypothèses des dix dernières années se bousculent dans ma tête. Qu’est-ce qui m’attend là-bas?

Pierre me recommande d’être très prudent et de lui téléphoner avant d’entrer chez elle. Il me rappellera cinq minutes après que j’aie pénétré dans son domicile pour s’assurer que tout va bien et que je suis toujours vivant. Encore faut-il que j’arrive à survivre jusque-là! Le cœur va probablement m’exploser avant. Je suis une bombe ambulante. Un kamikaze. Garde!

J’approche de ma destination, mais je ne trouve pas la rue. Merde! Et si elle n’existait pas? Pas de rue, pas de maison, pas de Lise. J’appelle Sonia, qui court voir sur Googlemap et me guide. Comment peut-elle me pousser ainsi dans les bras de l’autre? Quelle autre?

Je trouve enfin la rue, l’adresse, la maison. Il y a de la lumière à l’intérieur et un téléviseur allumé. Je ne vois personne, mais je sais, je sens qu’elle est là et qu’elle ne m’attend pas ou si, peut-être, depuis dix ans… Qui sait? Je saurai, dans quelques minutes, si mon cœur résiste.

Je passe devant sa maison et file jusqu’au bout de la rue, un cul-de-sac. Mauvais présage? J’immobilise la voiture et j’ appelle Pierre, tel que convenu. Après toutes ces années, j’y suis enfin. Pierre me dit : ne cours aucun risque (trop tard pour ça mon vieux!), téléphone-lui avant d’entrer pour l’aviser. Il me rappelle dans une dizaine de minutes… Est-ce la dernière fois que je lui parle ? Merci mon ami, pour tout, et à plus tard, peut-être…

Je reviens lentement en voiture devant la (supposée) maison de Lise. Je m’immobilise, paralysé. Toujours personne en vue. Je signale son numéro. Ça sonne. Elle décroche :

-        Bonjour Lise.
-        Bonjour Francis, comment ça va?
-        Pas très bien.
-        Tu es de garde ce soir ?
-        Je l’étais, mais j’ai dû annuler…
-        Pourquoi?
-        Je n’étais pas en état.
-        …
-        J’avais quelque chose de vital à faire…
-        Quoi?
-        Te rencontrer.
-        …
-        Je suis stationné devant chez toi et j’aimerais que tu m’ouvres la porte, STP ?

(à suivre)

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La dictée des « À mes risques »…

Jamais vous n’auriez osé penser que donner la correction de sa vie à un jeune auteur puisse ê tre si jouissif!

Découvrez une manière différente et distrayante de passer du bon temps au lit avec votre grammaire… Essayez d’abord de lire et ensuite de réécrire le texte qui suit, sans fautes. Si vous n’en trouvez aucune, lâchez Internet et… apprenez une nouvelle langue.

Le nom brille dumond

Jaimeraie me pré-zanté : je ma pelle Alexcendre. Mon paire ai méde-sein mammaire ètai pas sciante, a vent ma nait sens… J’abitaie sont nu t’es russe jusse dè r hie r le nom brille. Neme demen de pa pourkoi ny comme ment je me suie re trouver las. Lait par rang ne disse pa toux é scie tue avè vu mont petie doit a set et puck… il ne savai pa dire un seulle maux, come moa!

Lutter russe de mama ment cé taie mont premié a part te ment : une piesse ki sa justè a ma taillle avek un tou peti corps y dort. Ô font, je voiyai se minus kul pas sage ki rétré-sis-sais a la main me vite s ke je gro si c’est. Jammais lit déde pas c par set où vers tur ne mot raie tra-vercer laisse prix… Ma tète étè tro grausse? Et puit moa; tu s’ est laid tunne elles! Javêt peurres de raisté kuincé. De toutte mani ère, gétè bien la, lojé, nous ris é berssé.

Sa mankêt d’éclairs rages, mets jamets de chôffe-âge. Ta pie mur amure, lis d’os, un corps don, pa de kab. Pa de télé-vizion; nid de télé-fun paire sonne ne venait me dérenjer, sôf mama ment ki me karessaie de c’est dois de fé, de lôtre koté. je col lait par foie ma petite au reile con tre le mûre toux chô pourre en tandre mon papa me chant et une bersseuse. Scie vou zavier en-tendue sa! In-poche hibe de dort mire!!! A l’or je piochêt, je piochêt, jusse ka se ke mama ment dize, dent zun gran écla de rire: « Grasse, grasse, ont faiera tous se ke tu vous drap, mets arètte! » je croix ke sait sa un mè tre chant heure.

S’étaie l’avis a vent l’avis! gespéraie me l’a koulé dousse pourre l’éther-nité! L’éther-nité sa durre con bien de tant? Je nen navet ôkune nidée. Mains tenent, je le s’est. Sa durre n’oeuf moi. Sais trait cours l’éther-nité, vrai ment vrai ment trait cours. Ki à hein-vanter dèchaussent cibels ki durre ci peux ? En toux kâ, moa, qu’en je vêts hêtre gran vous allé voire ce ke vous allé voire. Foie de peti doit et mes moires déléfent.

Texte massacré de Francis Pelletier (étiré du livre Les mordus des fameuses recettes de grammaire de Christiane Asselin)

Révisez le texte et gagnez… votre estime.

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Essayez de NE PAS comprendre !

La semaine dernière, nous pelletions des nuages au Salon du livre de Québec… Notre mission : provoquer une éclaircie dans le ciel trouble de l’apprentissage du français. Christiane Asselin, auteure de la Trousse de survie pour écrire sans fautes et Steve Maltais, concepteur de l’atelier Apprendre à réussir (simplifier l’apprentissage, c’est éviter les troubles), ensoleillaient la vie des groupies du livre et des étudiants errants en virée. Jeunes et moins jeunes, parents, libraires, professeurs et élèves, tous s’amusaient à relever le défi. Lequel? Lire une règle au hasard en essayant de NE PAS la comprendre, en utilisant la grammaire la plus simple, la plus efficace et la plus appétissante : Les fameuses recettes de grammaire. Ça vous tente d’essayer?

La Trousse de survie pour écrire sans fautes contient deux livres essentiels : Les fameuses recettes de grammaire et Les mordus des fameuses recettes de grammaire (exercices et ré-créations), en promotion à 29,95 $ en ligne et Western union CHINA agent location en librairie.

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5. Voir sans être vu

Dans le virtuel, l’expression populaire « l’amour est aveugle » prend tout son sens.

On pourrait aussi ajouter sourd et muet, même le toucher y goûte. Dans le cyberunivers, on remplace tous ces sens par un autre : l’imagination. Ni elle ni moi n’en manquions!

En nous isolant de notre environnement, le virtuel module notre perception de la réalité. On flotte littéralement à l’intérieur d’une bull e d ans laquelle on se sent à l’abri de presque tout et où on se réfugie lors des tempêtes de notre seconde vie. Cette jolie bulle procure une fausse impression de sécurité et de contrôle. En nous déconnectant du quotidien et du vrai monde, elle nous entraîne dans un univers irréel dominé par le fantasme et le rêve. Le virtuel est une drogue subtile qui engendre un sentiment de puissance et fait de son esclave le maître d’une nouvelle réalité… artificielle.

Contrairement à moi, dès le début de notre relation, elle m’a vu… dans un reportage sur Les Pelleteurs de nuages, tourné dans nos bureaux et ma maison, à peine quelques semaines après nos premiers échanges épistolaires. L’ordinateur lui a ouvert les portes de mon cœur et la télé vision, celle de ma maison.

(Sa mère, devant la télé) Aimerais-tu avoir un médecin comme ça?
(Lise) Si j’avais un médecin comme ç a, je serais hypocondriaque.

Après mes mots, elle dé couvrait maintenant mon visage, mon corps, ma voix et mon habitat naturel. Plus tard, elle viendra, toujours très discrètement, m’observer lors des salons du livre et à d’autres occasions, sans jamais se présenter ni se montrer. Puis, elle m’écrira et me décrira de la tête aux pieds, dans les moindres détails. Tapi dans l’ombre de mon stand, son regard se faufilait pour aligner la courbe aguichante de mon jeans, déraper sur la chute périlleuse de mes reins, effleurer la ligne inspirante de mon t-shirt et caresser la pointe dressée de mon soulier. Elle apprenait le langage réformé de mon corps : mes accords peu singuliers avec les autres, la nouvelle orthographe de mon non verbal, le vocabulaire de mes mains, l’omniprésence de mon sourire et le bleu déterminant de mes yeux qu’elle prétendait vouloir conjuguer à l’infini… Était-ce une proposition principale ou subordonnée plutôt relative? J’aurais dû rendre obligatoire la dictée des « À mes risques »!

Bien sûr, nous échangions des mots et nous partagions des impressions, des idées et des points de vue. Elle était devenue ma plus intime complice et mon ange gardien invisible. À elle, je me confiais aveuglément. Je sentais que je pouvais avoir aussi confiance en elle qu’en moi. Elle était moi et j’étais émoi. Je ne voyais aucune raison de douter et de me méfier. Notre amitié et notre amour grandissaient dans l’obscurité, à l’abri de tous les regards, même du mien.

Curieusement, lorsque la situation se corsait, que le virtuel devenait insoutenable, que je ressentais un besoin impérieux de la rencontrer, de la voir, de la toucher… elle s’esquivait et s’éloignait, virtuellement parlant. Elle prétendait qu’une rencontre ne ferait que compliquer davantage notre relation… Fut-il seulement possible?

Finalement, elle jouait avec moi et je ne détestais pas ça la plupart du temps. Comme je craignais de la perdre, je choisissais le statu quo. Je menottais ma folle envie d’être réellement avec elle et je respectais ses désirs en étouffant les miens. Ce petit manège a duré pendant 10 longues années.

Sonia, fille de policier et garde du corps, qui partageait mon quotidien, tentait de me faire réaliser l’anormalité de la situation. Je le savais, mais comme je passais ma vie à apprivoiser la différence et que parfois la confiance peut être aussi aveugle que l’amour… Elle me répétait que j’étais naïf de croire tout ce que l’autre me disait et qu’ elle cachait quelque chose. Sonia s’était mandatée pour me protéger d’elle et de moi-même. Les quelques échanges verbaux entre elle et Lise généraient des flammèches. Sonia lui reprochait d’être malhonnête avec moi. Lise me disait que la seule chose qui lui importait, c’est que moi je la croyais. Et je voulais la croire, envers et contre tous et tout… mê me du doute raisonnable.

Après huit ans de confiance aveuglée et de naïveté assumée, j’ai finalement réussi à convaincre Lise de m’envoyer quelques photographies d’elle. Elle me fit parvenir de bien étranges clichés, probablement réalisés par un bourreau plutôt que par un photographe… Ça expliquerait les têtes coupées et les parties de corps éparpillées! Curieusement, toutes ces images étranges semblaient dater d’une autre époque…

Même si je n’avais pas promis à Lise, je me serais bien gardé de les montrer à qui que ce soit. Elles étaient beaucoup trop compromettantes, pour moi, et probablement pas pour les raisons que vous croyez…

Lisez ou relisez les épisodes précédents en cliquant ici

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Des bonbons pour les yeux!

Rappelez-vous lorsque vous étiez enfant et vous entriez dans un magasin de bonbons… Aimeriez-vous retrouvez cette fébrilité? Il n’en tient qu’à vous.

Préparez-vous pour un voyage magique… Visitez le Jardin féérique, à la Galerie-boutique Manu Factum au Centre-ville de Nicolet, jusqu’ au 1e mai.

Chez Manu Factum, on trouve de tout… mê me des amis! Je vous présente celui que je viens de me payer!

Est-il plus difficile de sortir de son é corce que de sa coquille ? Encore une histoire à suivre…

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