I’m a boy

Pourquoi les choses si belles durent-elles si peu? Je me posais déjà cette question en venant au monde, après avoir été logé, restauré, baigné et branché gratuitement pendant sept mois et demi. OK, ça manquait d’éclairage, mais ja mais de chauffage. J’aurais dû fermer les yeux et continuer de rêver. Si on ne m’avait pas expulsé avant la fin de mon bail de neuf mois, j’y serais peut-être encore… Pourquoi a-t-on exercé autant de pression sur moi afin que je quitte mon utérus? Mystè re de la vie.

On commence sa vie et parfois, lorsqu’on trouve le temps, on la termine par des vacances… Mon voyage à Wells fut comme une visite à ma mer. Un retour à la source, câ ble en moins. Rassurez-vous, on peut non seulement survivre sans télévision ni ordinateur ni cellulaire, mais aussi vivre…

Quel bonheur de s’éveiller le matin sans montre ni horaire précis. S’adapter au tempérament fluctuant de Dame Nature. Manger lorsqu’on a faim ou simplement parce que c’est bon. Se coucher lorsqu’on est fatigué ou juste parce qu’on en a envie. S’étendre lorsque le vent écarte délicatement les rideaux pour pénétrer dans la chambre et frissonner lorsqu’il nous caresse à travers le drap mince. Dormir à l’air climatique et flotter sur un matelas non pneumatique. C’est essentiel parfois de se déconnecter du monde pour se rebrancher avec soi-même.

Qu’est-ce qui peut nous aider à y parvenir? Une ville séduisante accoudée au barachois qui flirte avec l’océan. Un chalet de bois avec des murs aux grandes oreilles, tel un confessionnal ouvert jour et nuit, qui donne à réfléchir avant de pécher… Une chambre avec un lit qui craque pour une paire de draps à pois. Deux fenêtres ouvertes avec des nappes en guise de rideaux, pour servir le soleil au lit presque tous les matins. Un escalier qui mène tout droit à une chaire où sermonner les infidè les souriants qui se partagent le pain et le vin. Un bain qui en profite pour se vider dès qu’on lui tourne le dos pour s’endormir. Une plage qui s’étire à marée basse et s’allonge lorsqu’on s’étend. Une mer épicurienne qui met son grain de sel dans nos vies. Une vague ricaneuse qui glisse des algues dans le maillot. Un vélo pour les safaris à la quête d’images à croquer. Un appareil photo qui devient un troisième œil, celui qui peut et qui veut tout voir, revoir et montrer. Des balades capotées dans une jolie Mini décapotable. Des fruits de mer qui poussent dans une assiette à fleurs. Un roman policier qui nous fout à l’ombre. Une escapade pédestre à Boston. Un festival de saveur et d’odeur au Quincy Market. Une gelato à Perkins Cove. Du lèche-vitrine à Freeport. Une liquidation chez Abercrombie & Fitch. Un chinois à York. Un pub irlandais à Wells. Un mexicain à Ogunquit. Une crème glacée dure au chocolat dans un cornet sucré chez Ben & Jerry. Des clams frites. Un lobster roll. Une limonade. Un parasol. Une semaine en agréable compagnie…

Avouons-le, la vie est belle et bonne.

Offrez-vous ce « Coeur à marée » sur toile et rêver, tous les jours, à la plage, à la mer et à l’amour.

À propos de Francis Pelletier

Né subitement à Matane, le 12 mars 1958. Médecin à temps partiel et pelleteur de nuages à temps couvert. Photographe, auteur, conteur, éditeur, il fait rimer beauté et simplicité.
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9 réponses à I’m a boy

  1. Chantal dit :

    Fidèle à ton genre: enchanteur!

  2. Marlyne dit :

    C’est vrai qu’il faut prendre conscience qu’on a une vie et surtout de l’apprécier. Le temps passe si vite.

    Merci!

  3. Claire dit :

    Cher Francis,

    La lecture de ton texte intitulé WELLS IS WELL est un vrai cadeau. Tu sais si bien rendre tes idées, j’adore te lire.

    Tu as fait revenir à ma mémoire de nombreux moments passés dans le Maine à profiter tout simplement de la vie en compagnie de mon amoureux de toujours, en laissant passer le temps.

    Moi aussi, j’aime bien manger des clams frites et lui des lobster rolls…et bien sûr du homard.

    As-tu déjà visité le coin de Biddeford Pool? Il y a là une petite île où l’on peut se rendre à pied à marée basse. C’est à découvrir.

    Je te souhaite de nombreux autres moments de bonheur comme ceux que tu viens de vivre.

    A bientôt au Salon du Livre du Saguenay.

    Salutations amicales.

  4. Bonsoir Claire,

    Drôle de nom pour une île… C’est à quel endroit exactement? Dis-le moi et j’y retourne sur le champ ou plutôt sur la mer :-)

  5. Allo Francis,

    Tu me fais rêver, la mer… « la mer qu’on voit danser… », les vagues, les délicieux fruits de mer…. Foi de bretonne, cela me manque bien souvent….

    Oui on peut vivre sans téléphone, sans portable, sans Internet….. et même sans argent semble-t-il! et pourquoi pas!

    http://wakeup-world.com/2011/07/18/happy-69-year-old-lady-has-not-used-money-for-15-years/

    Bonne fin de journée

  6. Nicole Morissette dit :

    Bonjour Francis!
    As-tu dans tes bagages quelques mots qui susciteraient aussi les hommes à découvrir la beauté de tes textes?
    Ce qui me préoccupe ces dernières années, c’est de voir la distance qui sépare peu à peu les femmes des hommes. Je te dis ça comme ça. Je constate que les commentaires sont faits majoritairement par des femmes.
    Pourquoi ne laissent-ils pas atteindre?.Dans mon entourage je me chargerais de les transmette aux hommes qui cherchent à nous rejoindre. Pas facile, toutefois, d’interpeller leur coeur plus fragile qu’ils ne se l’imaginent.
    Merci encore une fois

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