To us sexes confondus, parmi toutes les personnes que je connais, Hélène est sans contredit celle qui possède la plus grosse paire de… couilles. Est-ce vraiment étonnant pour cette professionnelle des changements de sexes ? Psychothérapeute et sexologue, aussi spécialisée dans les déviances sexuelles, elle se retrouve souvent seule dans son bureau avec des cas difficiles et imprévisibles. Malheur à qui voudrait lui passer sur le corps sans son consentement éclairé. Hier, elle invitait ses amis à célébrer avec elle son premier demi-siècle.
Samedi matin. Le soleil, épuisé par une grosse semaine de boulot, brille malgré tout par sa présence. Où trouver un cadeau artistique original et incomparabl e? À la Galerie-boutique Manu Factum, bien sûr! (mon commanditaire) Une magnifique sculpture de Claudia séduira notre nouvelle cinquantenaire. Nous sommes partis dans l’après-midi pour faire la fête.
Ça débarquait chaleureusement. Une cinquantaine de personnes convergeaient vers la cour d’Hélène avec leurs chaises, leur maillot, leur boisson et leur bonne humeur. Pierrette, une tireuse de cartes prédisait y faire de bonnes affaires. J’allais lui prouver qu’elle avait bien vu…
La numérologie allait démontrer que j’étais un drôle de numéro : vous êtes (ou devriez être) un artiste. Intuitif, sensible, passionné, génial (pouvez-vous répéter, SVP?), avec presque autant de projets que de charme (vous dites?) Je crois qu’elle a craqué pour mon 3e œil. Vous êtes actuellement dans une année de transition, qui vous rendra riche et célèbre. De plus, vous êtes admirablement bien entouré. N’hé sitez pas, foncez! Vous connaîtrez un nouveau départ. Je viens de renouveler mon passeport. Si mes amours mélangent ses cartes… Moi, ils me font perdre la boule!
Dans un gros party, on est confronté à un choix : rencontrer tout le monde et ne connaître personne ou approfondir le contact avec quelques personnes. J’ai surtout fraternisé avec trois femmes : Line, Marielle et Kanika.
Line savoure la retraite depuis quelques mois. Cette ex-responsable du volet de psycho dans les pénitenciers jouit d’une nouvelle liberté. Cette femme brillante et intéressante considère avoir fait son temps en dedans. On a discuté d’un nouveau paradigme sur la vie basé sur la physique quantique, qui donnerait une explication scientifique à des croyances de plus en plus populaires comme : « le hasard n’existe pas » ou « demandez et vous recevrez ». Avec notre énergie, nous aurions le pouvoir d’influencer non seulement notre avenir, mais aussi notre passé. WOW! Elle s’est dite enchantée de rencontrer celui qui les inspirait, elle et son équipe, depuis plusieurs années. Je n’aurais jamais imaginé que mes textes puissent allumer des veilleuses à l’ombre des barreaux.
Marielle aussi est psychosociologue, spécialisée dans le traitement des délinquants sexuels qu’Internet alimente et banalise. Cette femme touchante a récemment traversé de dures épreuves. Drôle et vive d’esprit, elle nous a raconté deux histoires de garage. La première : elle et son mari magasinaient la voiture de madame. Le vendeur, qui s’adressait surtout à son mari, se tourne alors vers elle et dit : « Pour la p’tite madame, du côté passager, il y a un p’tit miroir. » Ce à quoi elle réplique : « La p’tite madame a aussi un permis de conduire et va aller acheter sa p’tite voiture ailleurs. » La seconde : une serrure forcée qu’on devait réparer pour la p’tite madame et qui ne l’avait pas été, même si elle avait payé 150 $ : « La p’tite madame, si elle paye pour se faire baiser, elle veut avoir du plaisir. » Et vlan!!!
Kanika, une grande et jolie femme métissée, anglophone de 38 ans avec un sourire irrésistible, me demandait « comment j’avais connu Hélène ». Elle a un jour téléphoné au bureau des Pelleteurs pour me dire que mes pensées l’avaient séduite. Lesquelles? Elle a rapidement fait le lien avec l’affichette Être qui trône devant le bol de toilette dans la maison d’Hélène (et laisse de profondes empreintes de lunette sur les fesses). À ce moment, son regard s’est enflammé, elle a saisi ma main et l’a pressée en répétant un tas de mots en français et d’autres en anglais, du genre : noooon, I love it, incroyable, amazing, c’ est extraordinaire, etc. Je ne savais plus où me mettre (décence et modestie obligent). Elle m’a même attiré jusqu’à ladite toilette pour tenter de savoir d’où je puisais mon inspiration… je me connecte sur je ne sais trop quoi et je laisse couler. J’ai l’impression d’être mon premier lecteur. Au fond, je suis une espèce de canal… de goût!
C’était extrêmement touchant de la voir s’embraser, d’autant plus que le français n’était pas sa tasse de T. Je suis toujours surpris de rejoindre des gens aussi différents. L’émotion n’a pas besoin de traducteur ni de guide d’instructions. Plus j’avance, plus je réalise qu’au-delà de l’éducation, de la culture, de la race, de la langue, il existe un langage universel : celui du cœur.
Encore, une fois j’ai fini par flotter dans la piscine, bien entouré, sous les flambeaux odorants qui poussaient dans le jardin et les petites lumières de Noël qui illuminaient la nuit, dérivant au son d’une musique brésilienne sexy en pensant que la vie nous réserve des moments de pure magie…
Le mot de la fin revient à Hélène : « rendez-vous dans 40 ans, je fournirai les fauteuils roulants… » Il ne faudrait surtout pas oublier les cartes mémoire et les albums souvenirs.
Je vous souhaite… une fin d’été de rêve.
Votre pelleteur



Francis,
Quelle belle rencontre d’amis! Tu sais si bien relater les faits qu’on ne se lasse pas de parcourir tes textes.
En espérant me rendre dans 40 ans pour prendre connaissance de ce que tu écriras de cette prochaine rencontre, je te souhaite une longue vie et un merveilleux mois d’août.
Claire, j’insère immédiatement ton nom sur la prochaine liste d’invités
Francis,
Je viens de te répondre avec Kanika… une longue lettre… je crois qu’elle ne s’est pas rendu…
Bisous
HC
Pas reçue, mais j’ai bien hâte de lire ça…
Bonjour Francis
Quel beau récit et ce qui me vient en tête c’est que pour moi… je rêve que l’été ne finisse pas dans ma tête, car l’été on a l’esprit plus ouvert, l’été on échange plus avec nos voisins, l’été on se bâtit des projets… et même lorsqu’on travaille l’été on est moins tendus, etc
Donc, je te souhaite que l’été ne finisse pas dans ta tête.
Alberte
Chère Alberte,
Dans ma tête, c’est plutôt le printemps perpétuel… ça bourgeonne en bibitte
Francis,
Suite à la lecture de cette charmante histoire, je me demandais si c’était le fruit de ton imagination ou une réelle rencontre.
J’ose espérer que ce n’était pas une rencontre imaginaire mais plutôt une rencontre « amiginaire »… Approfondir les contacts, c’est souvent payant!
Anne
Tu sais, parfois j’aimerais l’avoir imaginée…
Félicitations et merci!
Il est primordial de se rappeler que le moment présent est très important!
J’adore vos jeux de mots qui font du bien!
Bonne journée
Merci Chantal
J’ai adoré lire ton récit. Le passage qui me parle le plus est celui-ci:
« L’émotion n’a pas besoin de traducteur ni de guide d’instructions. Plus j’avance, plus je réalise qu’au-delà de l’éducation, de la culture, de la race, de la langue, il existe un langage universel : celui du cœur.« Ici au Sri Lanka, je rencontre des gens de partout. Je sais et je sens que c’est mon coeur qui connecte sans discrimination. Rien d’autre!
Il faut encourager son coeur à n’en faire qu’à sa tête
Hi! Hi! Hi! Merci!