GROS cadeau

Cette année, pour Noël, j’ai décidé de vous offrir un très très gros cadeau… Je vous demande simplement de ne pas l’apporter à la maison.

Passez un bon Noël et une joyeuse année.

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OUF!!!

N’avez-vous pas parfois l’impression de vivre plusieurs années dans la même? Une aventure s’achève, une autre s’amorce. Impossible de reprendre son souffle, elles s’entrecroisent, plus époustouflantes les unes que les autres. Je mérite le titre : « Indiana Jones 2011 ». Jamais la vie ne m’a autant étonné, éprouvé et stimulé, tout à la fois. Comment ai-je pu y survivre ? Je doute de trouver le temps d’y réfléchir en 2012…

Janvier. Je reprends mon souffle et je promets de tenir les résolutions que je n’ai jamais vraiment voulu prendre, comme une année plus tranquille… J’aime trop que ça bouge!

Février. Je poursuis l’incroyable récit de mes amours virtuels sur le blogue des Pel leteurs de nuages. Des milliers de lecteurs fébriles suivent le suspense de la décennie en se ruant sur les sporadiques épisodes de la « Vie rituelle » que je prends un malin plaisir à étirer juste pour faire croître le vôtre.

Mars. Notre jolie boutique Lounge=mode, art, vitamines manque de ces dernières… Dommage pour mon fils et moi. Des inventaires ou des espérances, lesquels s’avèrent les plus difficiles à liquider? Je vous laisse deviner… Ce qui devait accélérer ma retraite vient d’y mettre un frein. Ouf! je l’échappe belle, car la vie m’a appris qu’on meurt davantage de ne pas travailler que de trop le faire… Je vivrai centenaire! En attendant, je médite ce faux proverbe : « Il faut payer pour qu’il apprenne. » Heureusement, j’ai toujours foi en lui et… en son érudition.

Avril. Je jette une oreille sur iTunes, le plus grand magasin de musique du monde. Ça me rappelle mon enfance, lorsqu’on m’ amenait au rayon des jouets. Aussi difficile de décrocher! J’écoute, j’explore, je découvre, je note, je télécharge et je vous partage quelques-uns de mes coups de cœur : Angus & Julia Stone, Waldeck, Rene Marie, Rokia Traoré… En avant la zizique!

Mai. La saison des amours me rappelle que les nôtres sont et seront toujours les héritiers naturels de notre cœur. Que rien n’est plus merveilleux que d’aimer et d’être aimé, idéalement par la même personne. Que l’amour est le « Red Bull » de l’évolution de l’être, même s’il peut nuire au sommeil. Qu’il peut enfanter des jumeaux, nommés plaisir et souffrance. Que l’amour est à la fois la maladie et le remède, le problème et la solution à presque tous les maux, de l’âme, du cœur et… de tête. Que sous-estimer son infini pouvoir, c’est mal le connaître. Qu’il donne son plein sens à l’existence. Que je ne pourrai jamais vivre sans lui ni ailes. Merci infiniment. Je vous aime à perpétuité mes amours.

Juin-juillet. Je participe au premier party d’urgence avec une sacrée belle gang de complices. Je célèbre l’anniversaire de mon amie, celle qui possède la plus grosse paire… de couilles qu’on puisse imaginer plutô t que palper. Je pense sérieusement à prendre des vacances (l’an prochain), en sirotant paisiblement un verre de vin dans ma piscine par une chaude journée d’été, en me disant que la vie, au fond, c’est plus excitant que reposant.

Août. Finalement, je décide de ne pas attendre un an… et je passe une merveilleuse semaine à Wells, même si je suis nul en anglais (pour les détails, lire ou relire « I’m a boy »). Je réserve le même chalet pour 2012, en me promettant d’être meilleur (en langue étrangère), mais sans vraiment y croire…

Septembre. La rentrée scolaire. On découvre de plus en plus que notre fameuse « Trousse de survie pour écrire sans fautes » est le meilleur moyen d’y parvenir. Une douzaine de cégeps l’adoptent pour leur cours de mise à niveau. Dommage de devoir patienter jusqu’au collégial avant de comprendre que l’utilisation d’un outil aussi simple, efficace, convivial et agréable est LA solution à un problème endémique.

Octobre. Après avoir livré le 9e épisode de la « Vie rituelle », à l’ultime moment de la fameuse rencontre, je décide d’interrompre l’histoire. SVP, cessez de m’écrire ou de m’appeler. Je livrerai la fin dans un livre qui paraîtra au mois de mars 2012. Vous devrez attendre encore quelques semaines avant de connaître la conclusion d’une aventure si surprenante que l’on ne peut que douter de sa véracité… Soyez assurés que la finale vaut toutes les attentes… Elle vous laissera sans mots, mais avec des doutes et des craintes.

Novembre. Je crée une commotion en portant, pour la première fois depuis plus de 30 ans, une cravate. J’achète de beaux souliers… confortables. J’enfile de super vestons. Les infirmières (et les patientes) tripent sur mes chemises. Le calendrier 2012 se vend à près de 8 000 exemplaires. Un record. La 3e édition des trois premiers livres de la collection « Pose & Prose » connaît un vif succès. On se les arrache dans les salons, sur le site et dans vos mains. J’ai quelques bonnes idées pour les trois prochains…

Décembre. Les Pelleteurs de nuages amorcent le plus fantastique projet de leur existence en s’impliquant dans le futur Hô tel Montfort Nicolet et en y implantant une galerie-boutique. Après avoir passé la plus grande partie de notre vie à amener l’art et la culture vers les gens, nous créerons le mouvement inverse. Nous préparons l’avènement d’une galerie d’art de 5 étages. Une photographie et un texte donneront le ton, la couleur et la chaleur à chacune des 51 chambres. À l’automne 2012, nous lancerons un livre d’art qui permettra aux clients de choisir celle qui les inspire. À la boutique, situé en face du hall d’entrée, nous offrirons non seulement nos produits, mais aussi nos coups de cœur (en art et en métiers d’art). De plus, nous développerons un succulent menu de conférences, d’activités et d’ateliers, qui permettront aux entreprises et aux individus de se concocter un forfait sur mesure qui saura pleinement répondre à leurs besoins et à leurs désirs. À suivre…

L’avenir. Après la concrétisation de l’hôtel des sens (sous le thème : « Quête de sens et plaisir des sens »), nous lorgnerons du côté de la France. Il faut que les français nous connaissent, pour savoir à quel point on leur manquait…

Qui parlait de retraite ? Remerciez mon fils! Et mes autres amours!

Passez de bonnes Fêtes et une très joyeuse année.

Francis Pelletier

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Passez donc au Salon…

Quel automne !!! Après Jonquière, Sherbrooke, Shawinigan (AQPF) et Rimouski, Steve et moi sommes en feu. Venez vous réchauffer au Salon du livre de Montréal, du 16 au 22 novembre, stand 320. Au menu : la cuvée 2012 de l’inspirant calendrier « Pose & Prose » ; l’indispensable Trousse de survie pour écrire sans fautes ;  la 3e édition revampée de mes trois livres-cadeaux : Prendre le temps, T’écrire l’amour et Je vous souhaite ; les incontournables affichettes ; les t-shirts qui parlent ; les cartes de souhaits qui font des clins d’oeil ; les éditions d’art qui touchent droit au coeur ; mais surtout, les retrouvailles, les sourires, les accolades, les baisers et l’ in descriptible bonheur de se retrouver.

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Faites comme le Père-Noël !

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Empilez!

S’il est une chose dans la vie que l’on ne contrôle pas, c’est l’amour. Un jour, il débarque à l’improviste et « squatte » le cœur sans gêne ni permission. Il met la tête à la porte pour n’en faire qu’à la sienne. Il occupe tout l’espace, fait la fête (jour et nuit) et fout le bordel. Il se moque des conventions, bouscule l’ordre établi et prend ses aises. L’amour n’en fait qu’à son cœur. Il n’est toujours fidèle qu’à lui-même.

Aussi impossible de rater son arrivée que de prévoir son départ… Subitement, las, il quitte pour d’autres aventures ou sournoisement, trahi, il crève dans l’indifférence. « L’amour que l’on assassine se fait fantôme dans la raison hantée » (tiré de l’affichette  Les esprits libres). Comme tout ce qui l’éjecte de sa zone de confort, l’amour permet à l’être d’évoluer, mais cela va rarement sans émotions, sans sacrifices et sans souffrance… Pour réduire les perturbations, atténuer la douleur, aider à supporter l’impuissance et procurer l’illusion d’un certain contrôle, l’homme développe des stratégies. Une de celles-ci consiste à élaborer des « piles »…

Qu’elles soient utilisées lors de l’éclosion d’une relation, de sa remise en question et de son éclatement, lorsqu’on aime trop, on n’aime plus ou on ne sait pas, les « piles » s’avèrent de précieux outils. Une « pile » est un ensemble de constats essentiellement destinés à se convaincre de notre incompatibilité avec l’autre. Qu’il s’agisse d’habitudes, de défauts ou de trucs chez l’autre qui nous tombent sur les nerfs, la « pile » tend à prouver que la relation est, à plus ou moins long terme, assurément et inévitablement vouée à la faillite. Étrange d’imaginer que l’échec peut parfois réconforter.

Amusez-vous ensemble à détailler vos « piles » respectives, à vous signaler les oublis et à en rajouter à la moindre occasion, de préférence avec un sourire ou un clin d’œil. Ainsi, ni la sienne ni la vôtre n’incluront « le sens de la dérision ». Rire des choses graves ne les rend pas moins touchantes, mais beaucoup plus supportables.

L’humour aide à désamorcer les pires situations. C’est le sourire des larmes, le pet dans la tragé die, la barque sur le Titanic. L’amour n’est pas le drame, mais l’intrigue. L’amour n’est pas le naufrage, mais la tempête. Parce qu’il touche ce que l’être humain possède de plus sensible et de plus vulné rable, il peut facilement faire souffrir sans aucunement le vouloir. On le sait d’instinct. On le sent dans la peur d’aimer, de ne pas ou de ne plus l’être… De ne pas être assez, plus ou autrement… De voir ou de devoir, un jour, partir… « Aimer » fout la trouille! Ce n’est pas le cœur qui a peur, mais la tête. Il est la passion, elle est la raison. Lorsque le cœur palpite, la tête tremble.

La tête comprend, le cœur entreprend. Tandis qu’elle réfléchit, il agit. Elle s’inquiète pour lui qui ne craint rien, sauf cesser de battre et surtout, surtout… d’aimer.

Offrez-vous une affichette à méditer :

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I’m a boy

Pourquoi les choses si belles durent-elles si peu? Je me posais déjà cette question en venant au monde, après avoir été logé, restauré, baigné et branché gratuitement pendant sept mois et demi. OK, ça manquait d’éclairage, mais ja mais de chauffage. J’aurais dû fermer les yeux et continuer de rêver. Si on ne m’avait pas expulsé avant la fin de mon bail de neuf mois, j’y serais peut-être encore… Pourquoi a-t-on exercé autant de pression sur moi afin que je quitte mon utérus? Mystè re de la vie.

On commence sa vie et parfois, lorsqu’on trouve le temps, on la termine par des vacances… Mon voyage à Wells fut comme une visite à ma mer. Un retour à la source, câ ble en moins. Rassurez-vous, on peut non seulement survivre sans télévision ni ordinateur ni cellulaire, mais aussi vivre…

Quel bonheur de s’éveiller le matin sans montre ni horaire précis. S’adapter au tempérament fluctuant de Dame Nature. Manger lorsqu’on a faim ou simplement parce que c’est bon. Se coucher lorsqu’on est fatigué ou juste parce qu’on en a envie. S’étendre lorsque le vent écarte délicatement les rideaux pour pénétrer dans la chambre et frissonner lorsqu’il nous caresse à travers le drap mince. Dormir à l’air climatique et flotter sur un matelas non pneumatique. C’est essentiel parfois de se déconnecter du monde pour se rebrancher avec soi-même.

Qu’est-ce qui peut nous aider à y parvenir? Une ville séduisante accoudée au barachois qui flirte avec l’océan. Un chalet de bois avec des murs aux grandes oreilles, tel un confessionnal ouvert jour et nuit, qui donne à réfléchir avant de pécher… Une chambre avec un lit qui craque pour une paire de draps à pois. Deux fenêtres ouvertes avec des nappes en guise de rideaux, pour servir le soleil au lit presque tous les matins. Un escalier qui mène tout droit à une chaire où sermonner les infidè les souriants qui se partagent le pain et le vin. Un bain qui en profite pour se vider dès qu’on lui tourne le dos pour s’endormir. Une plage qui s’étire à marée basse et s’allonge lorsqu’on s’étend. Une mer épicurienne qui met son grain de sel dans nos vies. Une vague ricaneuse qui glisse des algues dans le maillot. Un vélo pour les safaris à la quête d’images à croquer. Un appareil photo qui devient un troisième œil, celui qui peut et qui veut tout voir, revoir et montrer. Des balades capotées dans une jolie Mini décapotable. Des fruits de mer qui poussent dans une assiette à fleurs. Un roman policier qui nous fout à l’ombre. Une escapade pédestre à Boston. Un festival de saveur et d’odeur au Quincy Market. Une gelato à Perkins Cove. Du lèche-vitrine à Freeport. Une liquidation chez Abercrombie & Fitch. Un chinois à York. Un pub irlandais à Wells. Un mexicain à Ogunquit. Une crème glacée dure au chocolat dans un cornet sucré chez Ben & Jerry. Des clams frites. Un lobster roll. Une limonade. Un parasol. Une semaine en agréable compagnie…

Avouons-le, la vie est belle et bonne.

Offrez-vous ce « Coeur à marée » sur toile et rêver, tous les jours, à la plage, à la mer et à l’amour.

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River-party

Je travaille dans le milieu depuis 25 ans et personne n’avait encore eu cette excellente idée… Soixante-quinze personnes au « river-party » de l’urgence, c’est du monde : des infirmiers, des préposés, des docteurs, leur conjoint ou conjointe, leur progéniture… Tout ce beau monde sirote l’apéro en jetant un œil sur la piscine surchauffée dans laquelle macèrent de jeunes et tendres enfants avec des beignes à la taille et des gousses aux poignets. Ils mijotent lentement au milieu des nouilles multicolores qui flottent à la surface du bouillon un peu trop salé. En tournant la tête d’à peine quelques degrés, on aperçoit la rivière qui achève de s’évaporer sous le soleil cuisant. Morale : l’appétit vient en fêtant!

Sandra est Suisse. Sarmad est Iranien et Kurde. Ils se sont connus en Afrique. Ils vivent ensemble au Québec. Elle est infirmiè re et migraineuse. Il est artiste, peintre et musicien. On a parlé art et culture. Il y a des langages universels. On a troqué des musiciens, comme d’autres échangent des cartes de hockey : Nitin Sawhney contre Kelly Joe Phelps, Salif Keita contre Youn Sun Nah, Fela Kuti contre Albert Pla, etc. Comment transformer une improbable première rencontre en un prochain rendez-vous ?

Sans compter les inévitables histoires de docteurs… J’en ai retenu deux avec des diagnostics radiologiques. La première est celle d’un enfant qui s’était présenté à l’urgence. Lorsqu’on le couchait, il devenait bleu. Assis ou debout, il redevenait rose. Bleu. Rose. Et ainsi de suite. Le mé decin ne comprenait pas. Il lui a fait passer une radiographie. Il avait avalé un petit crucifix, qui était resté coincé dans le larynx. En position horizontale, une partie de la croix venait obstruer les voies respiratoires. En position verticale, le clapet s’ouvrait. Je voudrais bien trouver le petit christ qui avait baptisé ce pauvre enfant!

La seconde est tout aussi étonnante. Un homme d’âge mûr se présente à l’urgence vers 3 heures du matin avec une douleur abdominale sévère. Le médecin qui l’examine découvre qu’il est anormalement ballonné. En palpant son ventre, il sent une rondeur au bas du ventre, comme pour une femme enceinte de quelques mois. Au toucher rectal, il a l’impression de palper la tête lisse d’ un enfant, mais sans cheveux. La radiographie abdominale révèle la présence d’un corps étranger d’environ 10 cm sur 15 cm ayant la forme d’une grosse poire, mais avec des pépins. Le lendemain, l’homme a accouché d’une jolie aubergine à maturité de presque deux livres… Moi qui naïvement croyais que ça poussait comme les choux!

À l’urgence, on ne sait jamais ce qui va nous tomber sur la tête, mais quand on a la chance de travailler avec une équipe du tonnerre, on est prêt à faire face à la tempête.

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La tentation selon elle

Elle est apparue à mon bureau dans sa petite robe sexy de Betsey Johnson : celle avec un tissus finement carrelé, blanc et noir, comme une jolie nappe sur laquelle s’étendre; un bustier légèrement soufflé, relié par de fines bretelles, tel un menu inspirant avant même d’être ouvert; une taille élastique cintrée, qui rappelle que conserver la ligne ne rend que plus « croquable »; une section base légèrement évasée avec un chaste rebord de dentelle noir qui caressait ses genoux et donnait le goût d’un truc juste un peu plus relevé; une poche à droite et une à gauche, en forme de cœur, pour que les mains s’y donnent rendez-vous à l’abri des regards, histoire de s’ouvrir l’appétit…

Difficile d’imaginer plus délectable invitation à un picnic!

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9. Une seconde d’éternité

La jeune Alici a p ose cette question, apparemment anodine, à sa mère :

-  Pourquoi quand c’est plaisant, ça passe trop vite et que quand c’est moche, ça passe trop lentement?

-  Va donc savoir ma p’tite! La vie est drôlement faite des fois…

Contrairement à ce qu’on nous a enseigné, le temps n’est pas réglé comme une horloge. Tic! Tac! Tic! Tac! Il s’égraine plus ou moins rapidement, selon ce qu’on en fait et la sensation qu’il laisse en passant. Souffrir, même pendant quelques secondes, vous semblera toujours trop. Alors que pour aimer… des heures, des jours et même une vie entière ne seront jamais assez.

J’ai utilisé les cinq premières infolettres de la « Vie rituelle » pour vous raconter dix années de ma relation virtuelle, la sixième pour décrire une journé e, les deux suivantes pour quelques minutes chacune et celle-ci pour suspendre le temps. Dix années racontées en quelques heures, alors que le même nombre d’heures s’avère insuffisant pour conter les dernières minutes. Après l’avoir rêvée chaque jour pendant une décennie entière, mon amoureuse virtuelle n’est plus qu’à une demi-seconde de moi… une éternité.

Comment une petite fraction de seconde peut-elle ainsi se prolonger? Devenir infiniment plus longue que la vie qui tente de la contenir ? J’y vois la preuve indéniable que le temps file, mais à vitesse variable.

On saute tous, au matin de notre vie, dans un autobus bondé qui roule depuis très très longtemps vers une destination inconnue. Entre ceux qui montent et ceux qui descendent, les paysages des années sans frontières défilent sous nos yeux. Bizarrement, lorsque la route est sans embûches, la navette prend du retard et reporte d’autant notre arrivée pour l’autre départ. Lorsque la chaussée est cahoteuse, le bus nous conduit plus vite vers la fin de notre périple. Sous le soleil, la pluie, la neige, il chemine, accélère, ralentit, prend des détours, mais jamais ne s’arrête. Fatigué, un soir, à notre heure, nous le quittons pour entrer seul à la maison.

Oui, le temps file à vitesse variable. Il y a des secondes qui valent des heures et des jours qui valent des années. Tout dépend de l’intensité de ce que l’on vit et de la manière dont on s’y implique. Les beaux moments, toujours trop brefs, pimentent la vie et lui donnent sa saveur particulière. Ils donnent les raisons et le courage nécessaires pour poursuivre notre voyage malgré les intempéries. Si votre vie semble s’écouler à toute allure, c’est de bon augure. Sinon, posez-vous des questions.

Ça me rappelle l’histoire d’un cheval (Je t’offre un cheval), plus noir que la nuit, qui galopait aussi vite que la terre tournait, pour ne jamais voir le soleil. Craignait-il que la lumière du jour mette en veilleuse ses rêves? En courant pour ne pas courir le risque, pensait-il échapper à sa réalité? Impossible de se fuir soi-même sans se rattraper. Comme lui, je m’étourdissais à tourner en rond, jusqu’à ce que fourbu, je m’épuise, m’éveille et réalise que je fantasmais ma vie.

Cependant, cette histoire d’amour capotée m’aura appris l’attente et le désir. Dans une société de consommation, ces mots sont injustement associés au sacrifice et à la punition. Aujourd’hui, on ne dé sire plus, on prend, on consomme, puis on jette et on recommence. On ne sait plus attendre, espérer, anticiper et désirer… corps, cœur et âme. Comment, dans ces circonstances, peut-on encore seulement rêver? Entre l’incapacité de rêver et le danger de trop le faire, je choisirai toujours la seconde option.

Sans le désir, comment savoir ce que l’on veut vraiment ? Faire des choix éclairés, établir des priorités, alimenter la motivation et savourer pleinement ce que l’on finira, peut-être, par avoir? Si l’attente procurait la plus grande partie du plaisir… Qu’y a-t-il de plus excitant que l’attente et de plus stimulant que le désir? Comment goûter autrement la surcharge émotive qu’ils suscitent? Comment ressentir ce sentiment puissant de « surexister » sans eux? L’esprit qui s’allume, la tête qui s’enflamme, le corps qui s’embrase, le cœur qui explose, tandis que l’être… s’expose.

Le seul problème avec le désir, c’est de déterminer à quel moment précis il nous fait confondre le rêve et la réalité. Le virtuel m’a appris à nourrir mes désirs, mais aussi à suralimenter mes fantas mes. À ce moment, la réalité ne peut plus rivaliser avec le rêve et risque fort de décevoir. Était-ce là ce qui m’attendait, debout au bout de ce passage obligé, à une fraction de seconde de mon rendez-vous clandestin avec le destin ?

Trop tard pour fuir, les pas rattrapent ma réflexion. Quelqu’un apparaîtra… fini de jouer à la cachette (ou à la gâchette, comme me l’a suggéré une lectrice). Gagné? Perdu? Je vais le savoir dans deux secondes. Je fige, tétanisé.

(à suivre)

Lisez ou relisez les épisodes précédents en cliquant ici,
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Une sacrée paire de…

To us sexes confondus, parmi toutes les personnes que je connais, Hélène est sans contredit celle qui possède la plus grosse paire de… couilles. Est-ce vraiment étonnant pour cette professionnelle des changements de sexes ? Psychothérapeute et sexologue, aussi spécialisée dans les déviances sexuelles, elle se retrouve souvent seule dans son bureau avec des cas difficiles et imprévisibles. Malheur à qui voudrait lui passer sur le corps sans son consentement éclairé. Hier, elle invitait ses amis à célébrer avec elle son premier demi-siècle.

Samedi matin. Le soleil, épuisé par une grosse semaine de boulot, brille malgré tout par sa présence. Où trouver un cadeau artistique original et incomparabl e? À la Galerie-boutique Manu Factum, bien sûr! (mon commanditaire) Une magnifique sculpture de Claudia séduira notre nouvelle cinquantenaire. Nous sommes partis dans l’après-midi pour faire la fête.

Ça débarquait chaleureusement. Une cinquantaine de personnes convergeaient vers la cour d’Hélène avec leurs chaises, leur maillot, leur boisson et leur bonne humeur. Pierrette, une tireuse de cartes prédisait y faire de bonnes affaires. J’allais lui prouver qu’elle avait bien vu…

La numérologie allait démontrer que j’étais un drôle de numéro : vous êtes (ou devriez être) un artiste. Intuitif, sensible, passionné, génial (pouvez-vous répéter, SVP?), avec presque autant de projets que de charme (vous dites?) Je crois qu’elle a craqué pour mon 3e œil. Vous êtes actuellement dans une année de transition, qui vous rendra riche et célèbre. De plus, vous êtes admirablement bien entouré. N’hé sitez pas, foncez! Vous connaîtrez un nouveau départ. Je viens de renouveler mon passeport. Si mes amours mélangent ses cartes… Moi, ils me font perdre la boule!

Dans un gros party, on est confronté à un choix : rencontrer tout le monde et ne connaître personne ou approfondir le contact avec quelques personnes. J’ai surtout fraternisé avec trois femmes : Line, Marielle et Kanika.

Line savoure la retraite depuis quelques mois. Cette ex-responsable du volet de psycho dans les pénitenciers jouit d’une nouvelle liberté. Cette femme brillante et intéressante considère avoir fait son temps en dedans. On a discuté d’un nouveau paradigme sur la vie basé sur la physique quantique, qui donnerait une explication scientifique à des croyances de plus en plus populaires comme : « le hasard n’existe pas » ou « demandez et vous recevrez ». Avec notre énergie, nous aurions le pouvoir d’influencer non seulement notre avenir, mais aussi notre passé. WOW! Elle s’est dite enchantée de rencontrer celui qui les inspirait, elle et son équipe, depuis plusieurs années. Je n’aurais jamais imaginé que mes textes puissent allumer des veilleuses à l’ombre des barreaux.

Marielle aussi est psychosociologue, spécialisée dans le traitement des délinquants sexuels qu’Internet alimente et banalise. Cette femme touchante a récemment traversé de dures épreuves. Drôle et vive d’esprit, elle nous a raconté deux histoires de garage. La première : elle et son mari magasinaient la voiture de madame. Le vendeur, qui s’adressait surtout à son mari, se tourne alors vers elle et dit : « Pour la p’tite madame, du côté passager, il y a un p’tit miroir. » Ce à quoi elle réplique : « La p’tite madame a aussi un permis de conduire et va aller acheter sa p’tite voiture ailleurs. » La seconde : une serrure forcée qu’on devait réparer pour la p’tite madame et qui ne l’avait pas été, même si elle avait payé 150 $ : « La p’tite madame, si elle paye pour se faire baiser, elle veut avoir du plaisir. » Et vlan!!!

Kanika, une grande et jolie femme métissée, anglophone de 38 ans avec un sourire irrésistible, me demandait « comment j’avais connu Hélène ». Elle a un jour téléphoné au bureau des Pelleteurs pour me dire que mes pensées l’avaient séduite. Lesquelles? Elle a rapidement fait le lien avec l’affichette Être qui trône devant le bol de toilette dans la maison d’Hélène (et laisse de profondes empreintes de lunette sur les fesses). À ce moment, son regard s’est enflammé, elle a saisi ma main et l’a pressée en répétant un tas de mots en français et d’autres en anglais, du genre : noooon, I love it, incroyable, amazing, c’ est extraordinaire, etc. Je ne savais plus où me mettre (décence et modestie obligent). Elle m’a même attiré jusqu’à ladite toilette pour tenter de savoir d’où je puisais mon inspiration… je me connecte sur je ne sais trop quoi et je laisse couler. J’ai l’impression d’être mon premier lecteur.  Au fond, je suis une espèce de canal… de goût!

C’était extrêmement touchant de la voir s’embraser, d’autant plus que le français n’était pas sa tasse de T. Je suis toujours surpris de rejoindre des gens aussi différents. L’émotion n’a pas besoin de traducteur ni de guide d’instructions. Plus j’avance, plus je réalise qu’au-delà de l’éducation, de la culture, de la race, de la langue, il existe un langage universel : celui du cœur.

Encore, une fois j’ai fini par flotter dans la piscine, bien entouré, sous les flambeaux odorants qui poussaient dans le jardin et les petites lumières de Noël qui illuminaient la nuit, dérivant au son d’une musique brésilienne sexy en pensant que la vie nous réserve des moments de pure magie…

Le mot de la fin revient à Hélène : « rendez-vous dans 40 ans, je fournirai les fauteuils roulants… » Il ne faudrait surtout pas oublier les cartes mémoire et les albums souvenirs.

Je vous souhaite… une fin d’été de rêve.

Votre pelleteur

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